Histoire du village

De l’origine de la commune, nous ne savons pas grand-chose si ce n’est la présence d’une villa gallo-romaine découverte lors des travaux du Parc des sports et de traces d’habitations du haut Moyen Age sur le plateau. L’origine du nom de Coupvray, Curtis Protasia («ferme de Protatsius») est un nom d’origine grecque courant dans la Gaule du IVe siècle.

Carte de CassiniLe village semble avoir été créé à partir de 2 hameaux, dont l’un se situait dans la vallée à l’intersection de 2 grands itinéraires :

  • Meaux-Ferrières, venant d’Esbly et se dirigeant vers Chalifert par le chemin du Château gaillard
  • Senlis-Melun, arrivant du Chemin du Pont de Try (- Bardou) et grimpant sur le plateau par le chemin du Tertre (« touarte » en patois briard)

Ces 2 grands itinéraires se croisaient au passage du ru de Coupvray, à l’origine un gué, puis un pont. Un château fort (« gaillard ») devait surveiller ce délicat passage du haut de sa motte située derrière l’actuel musée Louis Braille. Le village dépendait du Comte de Champagne.

Pour davantage d’informations sur l’histoire de Coupvray, vous pouvez consulter le site de l’association Histoire et Patrimoine

Après la réunion du Comté de Champagne au Royaume de France à la fin du XIIIe siècle, la structure féodale de notre commune, dont les limites étaient déjà fixées, commence à se préciser. Environ 60% du territoire est toujours détenu par des communautés ecclésiastiques en charge d’administrer le village :

  • Les religieux de St Pierre des Fossés (maintenat St Maur des Fossés) qui placèrent notre église sous leur protecteur.
  • L’abbaye de St Denis en France qui possède, de l’autre côté du chemin (place de la forge), des bâtiments et une grange aux Dîmes.
  • Les Minimes de Vincennes, appelés aussi « Bonshommes » qui possédaient le fief des hautes maisons s’étendant sur Montry et Coupvray.

Plusieurs seigneurs laïcs se partagent les 40% restant dont le fief de Laulnoy ou « seigneurie de Coupvray » qui englobait des maisons du village, le moulin seigneurial et les terres de part et d’autre du ru de Coupvray. Le fief des Prés (ferme des prés) dépendait de la seigneurie de Crécy en Brie et comprenait une grande partie des terres du nord de Coupvray s’étendant vers Lesches, Chalifert et Esbly.

Après la guerre de 100 ans qui dévasta notre région, ce sont des bourgeois de Paris qui prennent possession de la seigneurie de Coupvray. Se succèderont plusieurs familles: Bayart de Citry et Maillart au XIVe siècle ; Le Cocq et Piedefer au XVe siècle ; Teste au XVIe siècle.

Henri III de Lenoncourt, noble de lorraine, rachète la totalité de la seigneurie de Coupvray, dispersée parmi les descendants de la famille Teste, en 1571. Dans cette acquisition figure une demeure seigneuriale (place de la forge), datant probablement de la Renaissance. Il échange en 1579 des terres derrière cette maison avec les Minimes de Vincennes et leur reconstruit une ferme (l’actuelle « ferme des bonshommes »). Mais les guerres de religion l’éloignent de sa seigneurie. Coupvray se trouvera pris dans cette tourmente et sera profondément ravagé et l’église quasiment détruite. De retour après la paix, il décède en 1584 et sera inhumé dans l’église de Coupvray.

Sa veuve, Françoise de Laval, se remarie en 1586 avec Louis VI de Rohan-Guéméné et crée un Mont de Piété, sorte de pensionnat pour des enfants pauvres. En 1631, la gestion de ce collège sera donnée à l’Ordre des Trinitaires qui le transformeront en couvent.

La fille d’Henri III de Lenoncourt, Madeleine épouse Hercule de Rohan en 1594 qui bâtit un château vers 1600 dans le parc. Elle meurt en 1602 et est inhumée dans l’église paroissiale. Leur fils, Louis VIII de Rohan, né en 1598 reste attaché à Coupvray où il sera le dernier Rohan à être inhumé.

Cardinal Louis de Rohan

La baronnie de Coupvray est transmise successivement de père en fils aîné dans la famille Rohan-Guéméné. Ceux-ci furent souvent privés de leurs droits pour incapacité mentale ou à gérer leurs énormes dettes ; le domaine de Coupvray est laissé à l’abandon. En 1736, l’usufruit est vendu à Louis-Constantin de Rohan, évêque puis cardinal de Strasbourg, frère d’Hercule-Mériadec l’héritier de la seigneurie. Il remet en état le domaine et modifie un peu l’intérieur du château puis le cède en 1761 à son neveu et successeur au cardinalat de Strasbourg le Prince Louis de Rohan qui deviendra célèbre pour son implication dans « l’affaire du collier de la Reine ». Ce dernier commence à transformer les communs et le parc avant de vendre le domaine en pleine tourmente révolutionnaire, non sans avoir acquis auparavant les seigneuries d’Esbly, Montry et Isles les Villenoy et racheté la grande ferme acquise par les Trinitaires.

 

Robertine Tourteau d’Orvilliers

La révolution française marque peu le paysage de Coupvray. Le couvent, la grange aux dîmes, l’ancienne demeure seigneuriale, la grande ferme et la ferme des bonshommes sont vendus comme biens nationaux. Les nouveaux propriétaires du château, les frères Tourteau, ont émigré. Leurs biens sont mis sous séquestre et serviront à enfermer 400 prisonniers réfractaires aux idées révolutionnaires.

Pendant cette période, le cimetière qui entourait l’église est déplacé à l’emplacement que l’on connaît aujourd’hui. Une place est aménagée. Au croisement de la rue Maupas et de la rue Mauny, un lavoir est construit : la « Fontaine des Médisances »

Adélaïde de la Tour du Pin

Après leur retour en France en 1805, les frères Tourteau reprennent possession de leurs biens. Jean-Louis Tourteau d’Orvilliers hérite du château de Coupvray qu’il transforme et agrandit. Il édifie une bergerie pour élever un troupeau de moutons Mérinos. Il rachète la grande ferme, celle des Bonshommes, et l’ancien couvent des Trinitaires. Il y construit une nouvelle bergerie, improprement nommée de nos jours « grange aux dîmes ». Il participe activement à la vie communale en étant élu maire de 1808 à 1815. Il prend en charge le jeune fils du bourrelier du village, Louis Braille, devenu aveugle et le fait entrer à l’Institution Royale des Jeunes Aveugles à Paris.

En 1830, il agrandit le parc jusqu’à la route de Paris à Coulommiers, mais le marquis décède, à Paris, du choléra en 1832, laissant le domaine à sa veuve et ses deux filles. Le domaine échoie à Adelaïde, veuve d’Antoine de la Tour du Pin. Plusieurs héritiers se succèdent avant la vente du domaine en 1870 au petit fils du célèbre maréchal Mortier.

comte de Kerveguen

Lorsque le troisième Duc de Trévise et son épouse Emma Le Coat de Kerveguen, prennent possession du domaine de Coupvray, la guerre de 1870 va éclater.

Située dans la zone d’occupation prussienne, Coupvray devra loger et entretenir des troupes étrangères. Le gros des troupes loge dans la grande ferme et les communs du château.

La paix revenue, le Duc de Trévise s’investit dans la vie du village. Il fait don de matériel scolaire et d’un « gymnase ». En 1874, il équipe une fanfare nouvellement créée.

Avec son épouse, ils ouvrent une école privée pour jeunes filles et une « salle d’asile » (maternelle) qui durent pendant un siècle. En 1880, le duc et son épouse feront don à l’église restaurée, du carrelage, des boiseries, de la chapelle de la Ste Vierge et du Sacré coeur, des vitraux, du chemin de Croix, d’un nouveau maître autel, ainsi que les chaises et tous les bancs.

Il décède en février 1892 sans postérité ; le domaine est destiné au neveu de son épouse : le Comte de Kerveguen. Jusqu’au décès de la duchesse en 1916, le comte gère le domaine et participe à la vie du village. Il sera régulièrement élu au conseil municipal et sera maire de 1906 à 1912 puis de 1919 à 1924.

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